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Le mandat à effet posthume : anticiper la gestion de sa succession

En bref — Le mandat à effet posthume permet, de son vivant et par acte notarié, de désigner une personne chargée d’administrer tout ou partie de sa succession, après son décès, dans l’intérêt d’un ou plusieurs héritiers identifiés (article 812 du Code civil). Il n’est valable que s’il répond à un intérêt sérieux et légitime — héritier mineur ou vulnérable, entreprise à préserver — pour une durée de 2 ans, portée à 5 ans en cas d’inaptitude, d’âge des héritiers ou de biens professionnels à gérer.

Qu’est-ce que le mandat à effet posthume ?

Créé par la loi n° 2006-728 du 23 juin 2006, le mandat à effet posthume est régi par les articles 812 à 812-7 du Code civil. Il autorise une personne à confier, par avance, à un mandataire — personne physique ou morale, y compris l’un des héritiers — la mission d’administrer ou de gérer tout ou partie de sa succession, pour le compte et dans l’intérêt d’héritiers désignés. Contrairement au legs ou à la donation, il n’opère aucun transfert de propriété : les héritiers restent propriétaires, mais la gestion est confiée à un tiers de confiance pendant une période transitoire.

Les conditions de validité (article 812-1-1)

Dans quelles situations y recourir ?

Le mandat à effet posthume est un outil d’anticipation précieux lorsque le décès risque de laisser une gestion patrimoniale sans pilote :

Pouvoirs, rémunération et fin du mandat

Le mandataire accomplit les actes d’administration nécessaires à la gestion ; les actes de disposition relèvent des héritiers, propriétaires des biens. Il est tenu d’une obligation de reddition de comptes. Le mandat est en principe gratuit (article 812-2) sauf convention prévoyant une rémunération, laquelle constitue une charge de la succession. Il prend fin notamment par l’arrivée du terme, la renonciation du mandataire, la révocation judiciaire en l’absence d’intérêt sérieux et légitime, l’aliénation des biens par les héritiers ou le décès du mandataire (articles 812-4 et suivants).

Mandat à effet posthume, mandat de protection future et fiducie : ne pas confondre

Ces trois outils répondent à des moments différents :

Dans une stratégie de transmission patrimoniale, ces dispositifs se combinent selon l’objectif : simple continuité de gestion, ou véritable mise à l’abri des actifs.

Questions fréquentes

Le mandataire peut-il être un héritier ?

Oui. Le mandat peut être confié à l’un des héritiers, à un proche ou à un professionnel, dès lors qu’il jouit de la pleine capacité civile.

Le mandat à effet posthume prive-t-il les héritiers de leurs droits ?

Non. Les héritiers demeurent propriétaires et conservent le pouvoir de disposer des biens ; le mandataire n’exerce qu’une mission d’administration, sous le contrôle du juge.

Combien de temps dure-t-il ?

Deux ans au maximum, ou cinq ans en cas d’inaptitude, d’âge des héritiers ou de biens professionnels à gérer, avec prorogation possible par le juge.