Les Ultra High Net Worth Individuals (UHNWI), dont le patrimoine dépasse 30 millions de dollars, représentent une catégorie d’investisseurs aux besoins patrimoniaux d’une complexité exceptionnelle. Pour répondre à ces exigences, le Family Office — qu’il soit mono-familial (SFO) ou multi-familial (MFO) — s’est imposé comme la structure de référence en matière de gestion de fortune. Au cœur de cette architecture patrimoniale, la fiducie-gestion offre un cadre juridique unique, alliant protection, confidentialité et gestion professionnelle.
Le cabinet Bensaid Avocats, implanté à Paris et à Genève, accompagne les grandes fortunes et leurs Family Offices dans la structuration et la sécurisation de patrimoines complexes, avec une expertise reconnue en fiducie-gestion.
UHNWI et Family Office : définitions et enjeux
Qu’est-ce qu’un UHNWI ?
Le terme UHNWI (Ultra High Net Worth Individual) désigne les personnes physiques dont le patrimoine net dépasse 30 millions de dollars, hors résidence principale. Selon les études récentes, on dénombre environ 400 000 UHNWI dans le monde, avec une concentration significative en Europe, en Amérique du Nord et en Asie-Pacifique. Ces individus se caractérisent par des patrimoines diversifiés — immobilier, participations d’entreprises, actifs financiers, collections d’art, propriétés viticoles — répartis sur plusieurs juridictions.
La gestion de ces patrimoines exige une approche globale, intégrant des dimensions juridiques, fiscales, financières et familiales qui dépassent largement le cadre de la gestion de patrimoine traditionnelle.
Le Family Office : SFO versus MFO
Le Family Office est une structure dédiée à la gestion globale du patrimoine d’une ou plusieurs familles fortunées. On distingue deux modèles principaux.
Le Single Family Office (SFO) est une entité exclusivement dédiée à une seule famille. Il offre un service entièrement personnalisé, une confidentialité maximale et un alignement total des intérêts. En contrepartie, les coûts de fonctionnement sont élevés, généralement justifiés à partir d’un patrimoine de 100 millions d’euros.
Le Multi Family Office (MFO) mutualise ses services entre plusieurs familles. Il permet de bénéficier d’une expertise professionnelle et d’économies d’échelle, tout en maintenant un niveau de service élevé. Le MFO constitue une solution pertinente pour les patrimoines compris entre 30 et 100 millions d’euros, ou pour les familles souhaitant accéder à un réseau élargi de compétences.
Les besoins spécifiques des UHNWI : structuration, protection et transmission
Structuration multi-juridictionnelle
Les UHNWI détiennent fréquemment des actifs dans plusieurs pays, ce qui génère des problématiques complexes de droit international privé, de fiscalité transfrontalière et de conformité réglementaire. L’axe France-Suisse est particulièrement représentatif de ces enjeux : de nombreuses familles fortunées disposent de résidences, d’entreprises ou de comptes financiers dans les deux juridictions.
La structuration de ces patrimoines exige une connaissance approfondie des conventions fiscales bilatérales, des règles de résidence fiscale, des obligations déclaratives dans chaque pays et des mécanismes de coordination entre les systèmes juridiques. Le cabinet Bensaid Avocats en droit français et Bensaid Avocats Genève en droit suisse offrent cette double expertise indispensable.
Protection patrimoniale
La protection du patrimoine contre les risques professionnels, matrimoniaux, successoraux et judiciaires constitue une préoccupation centrale pour les UHNWI. Les dirigeants d’entreprise et les entrepreneurs sont particulièrement exposés aux risques de mise en cause de leur responsabilité personnelle, aux contentieux commerciaux et aux aléas de la vie des affaires.
Au-delà des mécanismes classiques (régimes matrimoniaux, sociétés civiles, assurance-vie), la fiducie-gestion offre un niveau de protection supérieur grâce à la création d’un patrimoine d’affectation juridiquement distinct, insaisissable par les créanciers personnels du constituant.
Transmission intergénérationnelle
La transmission d’un patrimoine UHNWI à travers les générations représente un défi majeur, tant sur le plan fiscal que familial. Les statistiques montrent qu’une grande partie des fortunes familiales ne survit pas au-delà de la troisième génération, souvent en raison d’une gouvernance inadaptée, de conflits familiaux ou d’une planification successorale insuffisante.
Une stratégie de transmission efficace doit anticiper les droits de succession, organiser la gouvernance familiale et préserver la cohérence du patrimoine sur le long terme.
La fiducie-gestion : outil central du Family Office
Le patrimoine d’affectation : un mécanisme unique en droit français
La fiducie-gestion, instituée par la loi du 19 février 2007, permet de créer un patrimoine d’affectation distinct du patrimoine personnel du constituant et de celui du fiduciaire. Ce mécanisme, sans équivalent en droit français, offre aux Family Offices un outil d’une puissance remarquable pour organiser et protéger les actifs de leurs clients.
Concrètement, le constituant (l’UHNWI) transfère temporairement tout ou partie de ses actifs à un fiduciaire (avocat ou établissement de crédit), qui les gère dans un patrimoine séparé, au profit de bénéficiaires désignés. Le contrat de fiducie définit précisément les modalités de gestion, les pouvoirs du fiduciaire et les conditions de restitution des actifs.
Gestion professionnelle et confidentialité
Le fiduciaire, en tant que professionnel soumis à des obligations déontologiques strictes, assure une gestion rigoureuse et documentée du patrimoine fiduciaire. Cette délégation professionnelle libère le Family Office des contraintes opérationnelles quotidiennes tout en garantissant un reporting transparent et régulier.
La confidentialité est un autre atout majeur de la fiducie-gestion. Le patrimoine fiduciaire n’apparaît pas dans le patrimoine personnel du constituant, ce qui offre une discrétion appréciable pour les personnalités publiques et les familles soucieuses de préserver leur vie privée.
Articulation avec les autres outils patrimoniaux
Pacte Dutreil et transmission d’entreprise
Pour les UHNWI dont le patrimoine comprend des participations dans des entreprises familiales, le Pacte Dutreil demeure un outil incontournable. Ce dispositif permet de bénéficier d’une exonération de 75 % de la valeur des titres transmis par donation ou succession, sous réserve d’engagements de conservation et de direction. La fiducie-gestion peut être articulée avec le Pacte Dutreil pour sécuriser la détention des titres pendant la période d’engagement, tout en organisant la gouvernance entre les générations.
Fonds de dotation et philanthropie structurée
Les familles UHNWI sont de plus en plus engagées dans des démarches philanthropiques structurées. Le fonds de dotation, créé par la loi de modernisation de l’économie de 2008, offre un véhicule souple et fiscalement avantageux pour organiser la générosité familiale. La fiducie-gestion peut abriter les actifs destinés à alimenter le fonds de dotation, assurant ainsi une gestion coordonnée entre les objectifs patrimoniaux et philanthropiques de la famille.
Holding patrimoniale et assurance-vie luxembourgeoise
La holding patrimoniale permet de centraliser la gestion des participations financières et immobilières de la famille, tout en bénéficiant d’avantages fiscaux liés au régime mère-fille et à l’intégration fiscale. L’assurance-vie luxembourgeoise, quant à elle, offre un cadre réglementaire protecteur (triangle de sécurité, super-privilège) et une flexibilité d’investissement supérieure à celle des contrats français.
La fiducie-gestion s’articule naturellement avec ces outils pour créer une architecture patrimoniale complète et cohérente, chaque véhicule remplissant une fonction spécifique dans la stratégie globale. Pour les montages nécessitant des garanties sur actifs, la fiducie-sûreté vient compléter le dispositif.
Gouvernance familiale : structurer la prise de décision
La charte familiale
La charte familiale est un document fondateur qui formalise les valeurs, les règles et les principes de gouvernance de la famille. Elle aborde des sujets essentiels tels que les conditions d’accès aux fonctions de direction, la politique de distribution des revenus, les règles de sortie du capital familial et les mécanismes de résolution des conflits. Bien que dépourvue de force juridique contraignante, la charte familiale constitue le socle moral de la gouvernance et facilite la cohésion entre les générations.
Le conseil de famille et le rôle du fiduciaire
Le conseil de famille est l’instance délibérative qui prend les décisions stratégiques concernant le patrimoine familial. Il réunit les membres de la famille, éventuellement assistés de conseillers externes, et se prononce sur les grandes orientations : acquisitions, cessions, choix d’investissement et politique de transmission.
Dans ce cadre, le fiduciaire joue un rôle de tiers de confiance indépendant. Il garantit l’exécution des décisions du conseil de famille conformément aux termes du contrat de fiducie, arbitre les éventuels désaccords et assure la continuité de la gestion indépendamment des aléas familiaux. Sa position d’intermédiaire neutre et professionnel en fait un acteur clé de la pérennité patrimoniale.
Le positionnement Paris-Genève : une double expertise stratégique
Le cabinet Bensaid Avocats bénéficie d’un positionnement unique sur l’axe Paris-Genève, deux places financières majeures pour les UHNWI européens. Cette implantation bi-juridictionnelle permet d’offrir une expertise intégrée couvrant le droit français et le droit suisse, sans avoir recours à des correspondants externes.
Cette double expertise est particulièrement précieuse pour les problématiques de résidence fiscale franco-suisse, de structuration de holdings transfrontalières, de planification successorale internationale et de mise en conformité réglementaire dans les deux juridictions. Le cabinet Bensaid Avocats Genève assure le volet suisse de cette prise en charge globale.
Pour les Family Offices gérant des patrimoines franco-suisses, cette approche intégrée garantit une cohérence stratégique et une réactivité que la coordination entre cabinets distincts ne peut offrir.
FAQ : UHNWI, Family Office et fiducie
Qu’est-ce qu’un Family Office ?
Un Family Office est une structure professionnelle dédiée à la gestion globale du patrimoine d’une ou plusieurs familles fortunées. Il coordonne l’ensemble des aspects patrimoniaux — juridiques, fiscaux, financiers, immobiliers et philanthropiques — dans une approche intégrée. On distingue le Single Family Office (SFO), dédié à une seule famille, du Multi Family Office (MFO), qui mutualise ses services entre plusieurs familles.
Pourquoi la fiducie-gestion est-elle particulièrement adaptée aux UHNWI ?
La fiducie-gestion répond aux besoins spécifiques des UHNWI en créant un patrimoine d’affectation distinct, protégé des créanciers personnels du constituant. Elle offre une gestion professionnelle déléguée à un fiduciaire soumis à des obligations déontologiques strictes, une confidentialité renforcée et un cadre structuré pour la transmission intergénérationnelle. Sa souplesse contractuelle permet de l’adapter précisément aux objectifs de chaque famille.
Quelle est la différence entre un SFO et un MFO ?
Le Single Family Office (SFO) est une entité exclusivement dédiée à une seule famille, offrant une personnalisation totale mais des coûts de fonctionnement élevés, généralement justifiés à partir de 100 millions d’euros de patrimoine. Le Multi Family Office (MFO) mutualise ses services entre plusieurs familles, permettant de bénéficier d’une expertise professionnelle et d’économies d’échelle pour des patrimoines à partir de 30 millions d’euros.
Comment structurer un patrimoine multi-juridictionnel France-Suisse ?
La structuration d’un patrimoine franco-suisse exige une expertise dans les deux systèmes juridiques et fiscaux. Elle implique l’analyse des conventions fiscales bilatérales, la détermination de la résidence fiscale, le choix des véhicules de détention adaptés dans chaque juridiction et la coordination des obligations déclaratives. Le recours à un cabinet implanté dans les deux pays, comme Bensaid Avocats à Paris et Genève, garantit une approche cohérente et intégrée.
Conclusion
Les UHNWI et leurs Family Offices font face à des enjeux patrimoniaux d’une complexité croissante : diversification internationale des actifs, exigences réglementaires renforcées, transmission intergénérationnelle et gouvernance familiale. Dans ce contexte, la fiducie-gestion s’impose comme un outil central, offrant un cadre juridique robuste pour la protection, la gestion et la transmission de patrimoines d’exception.
Son articulation avec les autres outils patrimoniaux — Pacte Dutreil, holding patrimoniale, assurance-vie luxembourgeoise, fonds de dotation — permet de construire des architectures sur mesure, parfaitement adaptées aux objectifs de chaque famille. La gouvernance familiale, structurée autour d’une charte et d’un conseil de famille, trouve dans le fiduciaire un tiers de confiance garant de la pérennité du projet patrimonial.
Le cabinet Bensaid Avocats, fort de son positionnement Paris-Genève et de son expertise en fiducie-gestion, se tient à la disposition des UHNWI et de leurs Family Offices pour concevoir et mettre en œuvre des solutions patrimoniales sur mesure. Contactez-nous pour une consultation confidentielle.
Le marché mondial de l’art représente aujourd’hui environ 65 milliards d’euros de transactions annuelles. Longtemps réservée aux passionnés et aux esthètes, la collection d’œuvres d’art s’impose désormais comme une véritable classe d’actifs alternative au sein des stratégies patrimoniales les plus sophistiquées. Pour les grandes fortunes et les Family Offices, l’art offre une combinaison unique de rendement potentiel, de diversification et de valeur émotionnelle — à condition d’en maîtriser les dimensions juridiques, fiscales et opérationnelles.
Le cabinet Bensaid Avocats, fort de son expertise en fiducie-gestion et en structuration patrimoniale, accompagne collectionneurs, investisseurs et Family Offices dans la sécurisation et l’optimisation de leurs actifs artistiques.
L’art, une classe d’actifs alternative en pleine expansion
L’art s’est progressivement imposé dans les allocations d’actifs des investisseurs les plus avertis. Selon les derniers rapports sectoriels, le marché de l’art mondial a atteint environ 65 milliards d’euros, porté par une demande croissante en provenance d’Asie, du Moyen-Orient et des grandes places financières européennes.
Contrairement aux actifs financiers traditionnels, les œuvres d’art présentent une faible corrélation avec les marchés boursiers, ce qui en fait un outil de diversification particulièrement pertinent en période de volatilité. De plus, certaines catégories — art contemporain, art moderne, photographie d’art — ont affiché des rendements annualisés significatifs sur les vingt dernières années.
Toutefois, l’art comme investissement présente des spécificités qui le distinguent des classes d’actifs conventionnelles : illiquidité relative, coûts de conservation et d’assurance, nécessité d’expertise pour l’évaluation, et complexité des enjeux fiscaux et réglementaires. C’est précisément pour répondre à ces défis qu’une structuration juridique adaptée devient indispensable.
AMLA : le nouveau cadre européen anti-blanchiment et le marché de l’art
Le règlement européen AMLA (Anti-Money Laundering Authority) marque un tournant majeur pour le marché de l’art. Ce nouveau cadre réglementaire, qui renforce considérablement les obligations de vigilance dans le secteur, impose désormais des seuils stricts et des procédures de conformité à l’ensemble des acteurs du marché de l’art.
Les nouvelles obligations pour les acteurs du marché de l’art
Le règlement AMLA prévoit que toute transaction portant sur une œuvre d’art d’un montant égal ou supérieur à 10 000 euros déclenche des obligations de vigilance renforcées. Les marchands d’art, galeries, maisons de ventes et intermédiaires doivent désormais identifier et vérifier l’identité de leurs clients, conserver les documents justificatifs, et déclarer toute opération suspecte aux cellules de renseignement financier nationales.
Pour les collectionneurs privés et les Family Offices, ces évolutions impliquent une traçabilité accrue de la provenance des œuvres et une documentation rigoureuse de chaque acquisition. Le recours à un fiduciaire professionnel permet de garantir cette conformité tout en préservant la confidentialité du bénéficiaire effectif.
L’impact sur la structuration des collections
Face à ces nouvelles exigences, la structuration juridique des collections devient un impératif de conformité autant que d’optimisation. La fiducie-gestion, en tant que patrimoine d’affectation distinct, offre un cadre transparent et auditable qui répond parfaitement aux standards AMLA, tout en préservant la confidentialité légitime du constituant.
Structuration juridique des collections : SCI, holding et fiducie-gestion
Plusieurs véhicules juridiques permettent de structurer la détention d’une collection d’art. Chacun présente des avantages et des limites qu’il convient d’analyser au regard des objectifs patrimoniaux du collectionneur.
La SCI et la holding patrimoniale
La Société Civile Immobilière (SCI) peut, malgré son nom, détenir des biens mobiliers tels que des œuvres d’art. Elle offre l’avantage d’une gestion collective et d’une transmission facilitée par le mécanisme des parts sociales. Cependant, la SCI manque de souplesse en matière de confidentialité et soumet les plus-values au régime des sociétés.
La holding patrimoniale permet quant à elle de centraliser la gestion de différents actifs — immobilier, participations, œuvres d’art — au sein d’une structure unique. Elle offre des possibilités d’optimisation fiscale via le régime mère-fille et l’intégration fiscale, mais sa complexité de gestion peut s’avérer disproportionnée pour la seule détention d’une collection.
La fiducie-gestion : l’outil sur mesure pour les collections d’art
La fiducie-gestion, instituée par la loi du 19 février 2007, constitue l’outil le plus adapté à la gestion patrimoniale d’une collection d’art. Son mécanisme est simple dans son principe : le constituant (le collectionneur) transfère temporairement la propriété de ses œuvres à un fiduciaire (avocat ou établissement de crédit) qui les gère dans un patrimoine d’affectation distinct, au profit d’un ou plusieurs bénéficiaires désignés.
Ce patrimoine d’affectation est séparé du patrimoine personnel du constituant comme de celui du fiduciaire. Cette séparation patrimoniale offre une protection remarquable contre les aléas personnels et professionnels, ce qui constitue un atout majeur pour les grandes collections.
La fiducie-gestion appliquée aux œuvres d’art : protection, transmission et gestion professionnelle
Protection des actifs artistiques
La fiducie-gestion crée un patrimoine d’affectation étanche, insaisissable par les créanciers personnels du constituant (sous réserve de l’action paulienne). Cette protection est particulièrement précieuse pour les entrepreneurs, dirigeants et personnalités publiques dont le patrimoine personnel peut être exposé à des risques professionnels ou judiciaires.
Pour les collections de très haute valeur, cette sécurisation juridique permet d’envisager sereinement des prêts à des musées, des expositions temporaires ou des opérations de restauration, sans que ces déplacements n’affectent la protection du patrimoine fiduciaire. En complément, la fiducie-sûreté peut être utilisée pour garantir des financements adossés à des actifs mobiliers de valeur, y compris des œuvres d’art.
Transmission intergénérationnelle
La fiducie-gestion offre un cadre structuré pour organiser la transmission d’une collection à travers les générations. Le constituant peut désigner ses héritiers comme bénéficiaires successifs, définir les conditions de jouissance et de disposition des œuvres, et prévoir des mécanismes de gouvernance familiale pour les décisions d’acquisition ou de cession.
Cette approche permet d’éviter les écueils classiques de la succession sur les collections d’art : démembrement conflictuel, vente forcée pour payer les droits de succession, ou dispersion d’un ensemble cohérent. Le fiduciaire, en tant que tiers de confiance professionnel, assure la continuité de la gestion indépendamment des aléas familiaux.
Gestion professionnelle déléguée
Le fiduciaire assume la gestion quotidienne de la collection : suivi des assurances, organisation du stockage dans des conditions muséales, coordination des restaurations, gestion des prêts aux institutions culturelles, tenue de l’inventaire et du registre de provenance. Cette délégation professionnelle libère le collectionneur des contraintes administratives tout en garantissant une gestion rigoureuse et documentée.
Fiscalité des œuvres d’art : un régime attractif à maîtriser
Plus-values sur cession d’œuvres d’art
Le régime fiscal français offre au cédant d’une œuvre d’art un choix entre deux options. La première est la taxe forfaitaire sur les objets précieux, fixée à 6,5 % du prix de cession (dont 6 % de taxe et 0,5 % de CRDS). Cette option est avantageuse lorsque l’œuvre a été acquise à faible coût ou que sa provenance rend difficile la justification du prix d’acquisition.
La seconde option est le régime général des plus-values sur biens meubles, qui applique un taux de 36,2 % (19 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux) sur la plus-value nette, avec un abattement de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième année. Ce régime conduit à une exonération totale après 22 ans de détention, ce qui le rend particulièrement intéressant pour les collectionneurs de long terme.
Le choix entre ces deux régimes mérite une analyse approfondie au cas par cas, en fonction de la durée de détention, du prix d’acquisition et du prix de cession envisagé. Le cabinet Bensaid Avocats accompagne ses clients dans cette optimisation fiscale.
Exonération d’IFI : un avantage considérable
L’un des attraits majeurs de l’investissement en art réside dans l’exonération totale des œuvres d’art de l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). Contrairement à l’immobilier ou aux placements financiers, les œuvres d’art ne sont pas prises en compte dans l’assiette de l’IFI, quelle que soit leur valeur. Cette exonération, héritée de l’ancien ISF, constitue un levier patrimonial significatif pour les contribuables soumis à l’IFI.
Il convient toutefois de noter que les œuvres d’art restent soumises aux droits de succession et de donation selon les règles de droit commun, ce qui renforce l’intérêt d’une structuration anticipée via la fiducie-gestion.
Assurance et conservation : le rôle central du fiduciaire
La gestion physique d’une collection d’art de valeur représente un défi logistique et financier considérable. Le fiduciaire, dans le cadre de la fiducie-gestion, assume une responsabilité globale qui englobe plusieurs dimensions essentielles.
En matière d’assurance, le fiduciaire négocie et souscrit des polices adaptées couvrant l’ensemble des risques : vol, incendie, dégâts des eaux, dommages accidentels et transport. La valeur d’assurance est régulièrement réévaluée par des experts indépendants pour refléter l’évolution du marché.
Concernant la conservation, le fiduciaire veille au respect des conditions optimales de stockage : contrôle de la température et de l’hygrométrie, protection contre la lumière, sécurisation des locaux et traçabilité des mouvements. Il coordonne également les interventions de restauration nécessaires avec des professionnels qualifiés.
Cette gestion intégrée par un professionnel du droit, soumis à des obligations déontologiques strictes, offre aux collectionneurs et à leurs familles une tranquillité d’esprit incomparable. Pour les montages impliquant un financement garanti par les œuvres elles-mêmes, la fiducie-sûreté sur actifs mobiliers constitue un complément naturel à la fiducie-gestion.
FAQ : L’art comme actif patrimonial et la fiducie
Les œuvres d’art sont-elles soumises à l’IFI ?
Non. Les œuvres d’art bénéficient d’une exonération totale d’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI), quelles que soient leur nature et leur valeur. Cette exonération s’applique aux tableaux, sculptures, gravures, tapisseries, céramiques, photographies et autres objets d’art. Il s’agit d’un avantage fiscal majeur qui fait de l’art un outil de diversification patrimoniale particulièrement attractif pour les contribuables fortunés.
Comment protéger une collection d’art via la fiducie-gestion ?
La fiducie-gestion permet de transférer la propriété juridique des œuvres dans un patrimoine d’affectation distinct, géré par un fiduciaire professionnel (avocat). Ce patrimoine est protégé des créanciers personnels du constituant et du fiduciaire. Le constituant conserve la jouissance des œuvres et peut définir les modalités de gestion, de transmission et de gouvernance de la collection. C’est l’outil juridique le plus complet pour sécuriser un patrimoine artistique de valeur.
Quelles sont les obligations AMLA pour les collectionneurs d’art ?
Le règlement européen AMLA impose des obligations de vigilance renforcées pour toute transaction sur le marché de l’art d’un montant égal ou supérieur à 10 000 euros. Les collectionneurs doivent pouvoir justifier la provenance de leurs œuvres, documenter leurs acquisitions et coopérer avec les procédures de vérification d’identité mises en place par les professionnels du marché. Le recours à un fiduciaire facilite la mise en conformité avec ces obligations.
Quels sont les avantages fiscaux de la détention d’œuvres d’art ?
Les principaux avantages fiscaux sont l’exonération totale d’IFI, le choix entre la taxe forfaitaire de 6,5 % et le régime des plus-values avec exonération après 22 ans de détention, ainsi que des dispositifs spécifiques de déduction pour les entreprises qui acquièrent des œuvres d’artistes vivants. La structuration via une fiducie-gestion permet en outre d’optimiser la transmission et de bénéficier d’une gestion fiscale coordonnée de l’ensemble de la collection.
Conclusion
L’art constitue un actif patrimonial à part entière, offrant des opportunités de diversification, de protection et d’optimisation fiscale remarquables. Toutefois, la complexité croissante du cadre réglementaire — notamment avec l’entrée en vigueur du règlement AMLA — et les enjeux de conservation, d’assurance et de transmission exigent une structuration juridique rigoureuse.
La fiducie-gestion s’impose comme l’outil de référence pour les collectionneurs et les Family Offices soucieux de sécuriser, gérer et transmettre leurs collections dans les meilleures conditions. En confiant la gestion de leurs actifs artistiques à un fiduciaire professionnel, ils bénéficient d’une protection patrimoniale optimale, d’une conformité réglementaire garantie et d’une gestion intégrée de leurs œuvres.
Le cabinet Bensaid Avocats, présent à Paris et à Genève, met son expertise en fiducie-gestion au service des patrimoines d’exception. Contactez-nous pour une consultation confidentielle et découvrir comment structurer votre collection d’art avec la fiducie.